Le Quatrième Chapitre

L’ALLIANCE DU SANG



Quoi! Le sang de l’Agneau sans tache,

Pour moi, sur la croix a coulé?

Pour moi, si coupable, si lâche,

Il fut au Calvaire immolé?

A tant d’amour est-il possible

Que mon coeur demeure insensible?


Oh! quel mystère, unique, étrange!

Qui peut sonder sa profondeur?

Ni le séraphin, ni l’archange

N’en ont vu toute la splendeur!

Devant cette croix je m’incline,

Adorant la grâce divine!


Le Verbe éternel s’est fait homme;

Pour me sauver Il a quitté

Le ciel, Son glorieux royaume,

N’emportant que Sa charité!

Mon Dieu, pour expier mon crime,

Voulut devenir ma victime!


Quand mon âme était prisonnière

Des ténèbres et du péché,

Les purs rayons de Ta lumière

O Christ, dans ma nuit m’ont cherché,

Ce feu divin m’a fait renaître,

Et me voici, mon Roi, mon Maître!


Oui, maintenant, c’est Toi que j’aime!

Je marche avec Toi désormais;

Pour Toi, je renonce à moi-même,

Au monde qu’autrefois j’aimais,

Librement, je Te sacrifie

Tout mon être, toute ma vie!

— R. Saillens



"Ceci est le sang de l’alliance

que Dieu a ordonnée pour vous"

– Hébreux 9:20




L’étroite relation qui existe entre la Parole et le sang est mise en évidence de façon dramatique dans le concept de l’alliance. C’est le sang qui porte témoignage à la Parole et qui, en fin de compte, scelle le témoignage. La progression de cette coutume se poursuit jusque dans le Nouveau Testament de notre Seigneur, c’est là une précieuse vérité sur laquelle nous allons maintenant nous pencher.



INTEGRITE PERSONNELLE


Le sang est aujourd’hui le symbole universel de la loyauté jusqu’à la mort. C’est pourquoi la couleur rouge, représentant le sang, se retrouve si souvent dans les drapeaux nationaux. Que ce soit les bandes rouges du drapeau américain ou l’étoile rouge du communisme, ce rouge veut dire que ceux qui vivent sous ce symbole seront prêts à donner leur vie pour ce qu’il représente.

Cette qualité du sang était dramatique lors de cérémonies particulières chez les peuples primitifs. Si deux personnes, par exemple, voulaient faire un pacte d’amitié, elles se coupaient la paume de la main jusqu’à ce que le sang coule. Puis elles se serraient la main, les paumes l’une contre l’autre, en témoignant d’une solidarité qui irait jusqu’à la mort. Peut-être que c’est à cette coutume que pensait le prophète lorsqu’il a écrit de Dieu Lui-même: “Voici, je T’ai gravé sur la paume de Mes mains” (Esaïe 49:16).16

Sous ce même symbole de l’alliance, dans certaines cultures orientales, si on voulait convaincre ses auditeurs de la véracité de ce que l’on disait on pouvait se trancher le bras devant eux. Puis le levant vers Dieu on faisait une déclaration. Alors que le sang, symbole de la force, coulait le long du bras, il portait témoignage que les paroles prononcées par les lèvres du déclarant étaient garanties par la vie même de l’auteur. Il est aussi possible que Esaïe ait pensé à cette pratique lorsqu’il a écrit “L’Eternel l’a juré par Sa droite et par Son bras puissant” (Esaïe 62:8). Même aujourd’hui il est possible que la main levée lors du serment remonte à l’ancienne coutume de jurer par son sang.17

De quelque façon que cela est présenté le sang fait partie intégrale du concept de l’alliance.18 Le mot hébreu lui-même, utilisé près de 300 fois dans la Bible, vient probablement d’une racine qui signifie “couper”. Le sang versé exprimait un engagement jusqu’à la mort et témoignait en cela de la nature inviolable de l’accord. C’est cette idée que l’on retrouve dans les termes: “témoignage” et “serment”, qui sont parfois utilisés avec le même sens que le mot alliance. De même le concept biblique de “la parole” reflète cette obligation.

Avez-vous essayé de décrire ce qu’est l’intégrité - cette qualité que l’on a lorsqu’on est complètement digne de confiance? Les mots tels que fidélité, l’honnêteté, honneur, fiabilité, peuvent vous venir à l’esprit. Mais si vous indiquiez une personne et si vous pouviez vraiment dire: “En voici une illustration, Jim est vraiment un homme de parole” nous en comprendrions mieux la signification. La personnalité que nous pourrions voir rendrait le mot plus vivant pour nous.

Dans un sens beaucoup plus profond c’est ce que Dieu a accompli lorsque Jésus a vécu et est mort. Pendant des milliers d’années, le sang qui a coulé sur les autels juifs parlaient de Lui. Ce

sang proclamait que ce que Dieu avait dit Il allait aussi l’accomplir.

Quand Christ est mort, la Parole s’est éclairée. Le coeur de Dieu a été révélé. C’était comme si Il avait levé la main et prêté serment en prenant le ciel et la terre à témoin. Nous savons qu’Il voulait vraiment dire ce qu’Il disait. Nous pouvons voir le sang.


Ame coupable, pense à ce mot!

Ne désespère point: Christ peut te racheter,

En Lui sont le pardon, la paix, la grâce,

Un refuge béni et sûr,

L’alliance, confirmée par le sang,

Repose sur le serment saint de Dieu.

— Johann Heermann


A la lumière de l’étude précédente, dites pourquoi le sang est le sceau qui convient à l’alliance? De quelle façon le sang reflète-t-il l’intégrité d’une personne?

Méditez sur Esaïe 49:13-16. Regardez vos mains. Imaginez Dieu écrivant votre nom sur les paumes de Ses mains. Pensez au sang de Christ, l’encre avec laquelle Il a écrit l’alliance. Mettez maintenant votre main dans la Sienne. Vous êtes maintenant prêt pour la prière.

16. On retrouvait ces pratiques chez beaucoup de peuplades: les Mèdes, les Lydiens, les Arméniens, les Arabes, les Scythes; lors d’un traité les parties en cause, très souvent se coupaient les veines. D’une certaine façon cela portait témoignage que les personnes impliquées, et parfois leur parenté, faisaient tous partie de la même famille. En Israël on ne buvait pas le sang.

17. L’alliance par le sang est une coutume encore observée par certaines tribus vietnamiennes.

18. Une alliance est un pacte solennel qui lie les parties et demande l’exécution de ce qu’elles ont promis. Dans l’Ecriture, le terme s’applique aux diverses transactions entre Dieu et l’homme et entre les hommes. L’alliance et ce qu’elle signifie est un sujet trop vaste pour être traité ici. Nous voulions simplement souligner ici la relation existant entre le sang et le principe de l’alliance.



LE SEUIL


L’une des stipulations importantes de l’alliance de Dieu avec Abraham était qu’il aurait un héritier qui entrerait dans la terre promise (Genèse 15:1-21; 12:7-8; 13:14-18). Pour confirmer cette promesse, Abraham devait couper, par le milieu, une génisse de trois ans, un bélier et une chèvre de trois ans aussi. Il devait mettre “chaque moitié vis-à-vis de l’autre” (15:10), pour former comme un mur sanglant, comme les deux côtés d’une porte. Une fois le soleil couché, une fournaise ardente et des flammes passèrent entre les animaux partagés, le seuil sanglant, marquant que Dieu scellait Sa promesse.

Ce rite de l’alliance était assez répandue parmi les peuples qui vivaient à cette époque. Le sang répandu symbolisait la véracité des membres de l’alliance et il attestait aussi du sort imparti à quiconque la violerait. Un jugement terrible s’abattit sur les enfants d’Israël lorsqu’ils n’observèrent pas les termes de l’alliance qui avait été ainsi faite (Jérémie 34:18-20; cf. Amos 7:8-9).

Nous remarquons à nouveau dans cette coutume l’utilisation d’un autel comme le seuil d’une nouvelle relation. On entrait dans une alliance comme on entrait dans une maison. La pratique d’offrir des sacrifices à la porte de leurs maisons était une façon d’assurer le protection de tous ceux qui entreraient dans la maison. Le fait de franchir le seuil impliquait que l’on aurait une conduite morale de la plus haute intégrité envers tous les gens de la maison. Evidemment, quiconque n’entrait pas de cette façon dans la maison n’était pas sujet aux mêmes obligations. C’est pour cette raison que le voleur n’entrait pas par la porte pour tuer et voler. Il faisait plutôt une brèche dans le mur d’enceinte pour accomplir sa sinistre besogne. Il n’osait certes pas violer l’engagement sacré du seuil de la maison (Matthieu 6:19-20; 24:43; Jean 10:1-10; Luc 12:39, cf. Exode 22:2; Ezéchiel 12:2-7). Seuls les amis pouvaient entrer par la porte consacrée par le sang.

L’endroit où le sang avait été aspergé était si sacré que même en entrant par la porte on ne devait pas marcher sur le seuil. Mettre le pied là où était le sang aurait été un signe de mépris envers son hôte, et une telle indignité ne pouvait être tolérée par cette société. C’est probablement ce à quoi pensait l’auteur des Hébreux lorsqu’il a parlé du châtiment de celui qui “aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, tenu pour profane le sang de l’alliance par lequel il avait été sacrifié” (Hébreux 10:29).

Les obligations solennelles assumées par le sang étaient rappelées par la pratique israëlite d’écrire les paroles de l’alliance sur les montants des portes de leurs maisons (Deutéronome 6:4-9; 11:13-21). D’habitude ces mots étaient inscrits sur du parchemin, mis dans des boîtes de bois ou de métal et attachées aux montants de la porte. Tout bon Juif avait coutume de toucher ce symbole de l’alliance chaque fois qu’il passait la porte. Puis mettant le doigt sur la bouche, il le baisait en disant: “Que le Seigneur bénisse ton départ et ton arrivée, dès maintenant et à jamais” (Psaume 121:8).

Le sang de Christ est notre alliance. Sa croix est le seuil de la vie éternelle. Nous sommes certains que tous ceux qui entrent sont en sûreté dans la demeure de l’amour de Dieu.

Il est une race immortelle,

Marquée au front du sceau de Dieu;

L’enfer recule devant elle,

La paix l’accompagne en tout lieu.

Cette race, née au Calvaire,

Du coeur percé de Jésus-Christ,

C’est l’Eglise, sel de la terre,

Peuple nouveau du Saint Esprit.


Elle est la lumière du monde.

Reine et rebut des nations;

Elle n’est jamais plus féconde,

Qu’au sein des persécutions,

Car Celui qui lui donna l’être,

La suit d’un regard paternel,

Et le sang dont Il la fit naître

Garde son pouvoir éternel!

Seigneur, j’aime Ton royaume,

La maison où Tu demeures,

L’Eglise, que notre Rédempteur bien-aimé

A sauvée par Son précieux sang.

— F. Wilson



Méditez sur Genèse 15:1-21. Imaginez-vous entrant dans l’alliance par le seuil du sang.

Lisez Deutéronome 29:10-13. Placez-vous avec votre famille dans cette alliance. Comment y entrez-vous?

Regardez la porte. Comment vous parle-t-elle de Christ et de l’alliance? (Jean 10:1-8).


SCELLE PAR LE SANG


Le sang faisant effet de sceau entre deux parties faisant alliance se retrouve dans la pratique juive de la circoncision des mâles. Ce rite sanglant est devenu le signe de l’alliance de Dieu avec Abraham (Genèse 17:1-27). Ceux qui ne subissaient pas cette opération n’avaient pas part à la promesse, car Dieu avait dit: “Il a violé mon alliance” (Genèse 17:14), en parlant d'un incirconci.

Une autre indication de l’importance de cette pratique nous est donnée lors d’une expérience de Moïse, peu après être parti de chez Jéthro, pour retourner en Egypte. Pour quelque raison il avait négligé de circoncir son second fils. Lorsque Dieu le lui a mentionné, Moïse a craint pour sa vie (Exode 4:24). La catastrophe a seulement été évitée lorsque son épouse, qui savait prendre des décisions sur le champ, s’est saisie d’un couteau de pierre bien aiguisé et a coupé le prépuce de son fils. Le jetant aux pieds de son mari elle s’est écriée: “Tu es pour moi un époux de sang, à cause de la circoncision” (4:25-26). Quelle que soit la façon dont on interprète ce passage difficile, il semble que le sang de la circoncision était le symbole d’un lien tout comme le serment de mariage.

Ce qui s’est passé entre Abraham et Abimélec est un autre exemple du sang comme symbole sanglant d’une alliance. Bien que le sacrifice ne soit pas mentionné spécifiquement, il est clairement indiqué par le fait qu’on a mis à part sept jeunes brebis (Genèse 21:22-32). De la même façon l’alliance entre Jacob et Laban est accompagnée d’un sacrifice sanglant, suivi par un repas de communion (31:43-55).

La délivrance de la Pâque, que nous avons déjà décrite, illustre la même idée. Dieu a dit: “Le sang vous servira de signe sur les maisons où vous serez, Je verrai le sang et Je passerai au dessus de vous” (Exode 12:13).

Il est probable que la famille regardait le père tuer l’agneau pascal avec une certaine anxiété. Leurs yeux suivaient ses mouvements lorsqu’on trempait le rameau d’hysope dans le sang de la victime sacrifiée et sans vie. Fébriles, ils observaient le père aspergeant le précieux liquide sur le seuil de la maison. Le sang encore chaud tachetait les montants et le linteau de la porte comme de la peinture écarlate. Du sang avait jailli sur les murs et même sur la terre chaude. C’était là pour eux le témoignage de la présence de Dieu.

Après avoir participé à cette pratique solennelle ils entraient dans la maison et fermaient la porte. Leur sûreté était maintenant entre les mains de Celui qui avait parlé à Moïse. De l’intérieur de la maison ils ne pouvaient voir le sang, mais Dieu, Lui, pouvait le voir, et c’est dans la vue de ce sang que résidait leur salut. Il attestait devant Dieu qu’ils avaient foi en Sa Parole.

L’idée de la marque du sang comme symbole de délivrance est utilisé aussi dans Ezéchiel lorsque le prophète a contemplé la destruction de Jérusalem (Ezéchiel 9:1-11). Il y avait là un homme vêtu de fin lin, représentant le Christ. Il Lui est dit de faire “une marque sur le front des hommes” (v. 4). La coutume de placer un signe sur le front était autrefois répandue pour identifier les adorateurs d’un dieu particulier. Cette pratique est encore observée par certaines religions de l’Orient. Dans Ezéchiel elle indiquait les personnes qui avaient gardé leurs engagements envers Jéhovah au milieu même de l’apostasie qui les environnait. Jérome et d’autres en se basant sur la traduction de la Vulgate ont cru que cette marque était la lettre tau de l’alphabet hébreu, lettre qui, à l’époque, était écrite sous la forme d’une croix. Mais quelle qu’ait été la nature de ce signe, il avait le même effet que le sang aspergé sur les montants des portes chez les Israëlites d’autrefois. Lorsque les exécuteurs de la vengeance ont commencé par la maison de Dieu (Ezéchiel 9:6; cf. 1 Pierre 4:17), ils ont passé par toute la ville, anéantissant tous ceux qui avaient participé aux abominations. Les seuls qui ont été épargnés sont ceux marqués par le signe du sang.

Cette façon symbolique d’identifier une allégeance est mentionné de nombreuses fois dans le Nouveau Testament (Apocalypse 1:2-3; 9:4; cf. 14:1; 22:4; 2 Corinthiens 1:22). Quoique la nature de la marque ne soit pas spécifiée, pour ceux qui appartiennent à Christ le signe d’identification est le sang de la croix. Il porte témoignage devant le ciel que nos coeurs sont scellés par Sa Sainte Alliance.


Eternel, ô mon Dieu, j’implore Ta clémence;

Indigne de pardon devant Ta sainteté,

Je n’ai droit, je le sens, qu’à Ta juste vengeance,

Car Ton oeil est trop pur pour voir l’iniquité.


Je suis le criminel, Jésus souffre à ma place;

Par Sa mort, Il m’arrache à l’éternel trépas.

Que, lavée en Son sang, mon âme trouve grâce,

Et que Ton Esprit saint vienne guider mes pas.

— Dr Lamouroux


Méditez sur Exode 12:13. De quelle façon le sang était-il à la fois un signe pour les Israëlites et pour Dieu? Lisez le Psaume 50:5, dans plusieurs traductions. Remarquez de quelle façon l’alliance avec Dieu est faite par le sacrifice. Pourquoi ceux qui y participent sont-ils appelés “les fidèles” ou “les saints"?

De quelle façon le sceau de Dieu est-il lié au concept d’une alliance par le sang? 2 Corinthiens 1:22.



LA CONFIRMATION DE LA LOI


Une alliance par le sang implique des obligations sacrées. Au Sinaï la présentation et la réception de la loi sont une des représentations les plus dramatiques de ce principe. Quand Moïse a dit au peuple: “Toutes les paroles de l’Eternel,” la congregation a répondu: “Nous exécuterons tout ce que l’Eternel a dit,” d’une seule voix. En conséquence, le grand homme a écrit ces mots dans un Livre, attestant à jamais de ce que Dieu avait dit.

Mais ce témoignage ne s’est pas arrêté là. Le rapport continue disant que Moïse “se leva de bon matin et bâtit un autel au pied de la montagne . . . Il envoya de jeunes Israëlites pour offrir des holocaustes et pour immoler des taureaux en sacrifice de communion à l’Eternel” (24:4-5). Ces sacrifices, comme on l’a remarqué, indiquaient leur complète consécration à Dieu et leur joie d’être en Sa présence (aucun sacrifice pour le péché n’est alors mentionné, car dans cette situation ils n’étaient pas nécessaires).

Alors, pour que le peuple ait une conscience encore plus profonde du lien sacré de l’alliance: “Moïse prit la moitié du sang qu’il mit dans des bassines et répandit l’autre moitié du sang sur l’autel. Il prit le livre de l’alliance et le lut au peuple; ils dirent: Nous exécuterons tout ce que l’Eternel a dit et nous obéirons. Moïse prit le sang et le répandit sur le peuple en disant: "Voici le sang de l’alliance que l’Eternel a conclue avec vous sur la base de toutes ces paroles” (24:6-8). Le récit des Hébreux ajoute que Moïse a aussi aspergé de sang le livre de l’alliance, englobant ainsi tous les aspects de la fonction sous le sceau de la sanctification (Hébreux 9:19).

A la suite de cette ratification officielle de la loi, Moïse, accompagné des chefs des prêtres et de soixante-dix anciens d’Israël ont tous participé à un repas de communion. “. . . Et ils eurent une vision de Dieu, puis ils mangèrent et burent” (Exode 24:9-11).

Toute cette célébration comporte beaucoup d’éléments faisant partie d’une cérémonie de mariage, au cours de laquelle les deux parties échangent des voeux solennels. Dieu, pour Sa part, S’engage à mettre à effet tous les mots écrits dans le Livre et Son peuple promet d’obéir à tout ce que Dieu dit. Le sang dans la cérémonie est comme l’anneau de mariage. Il est le symbole extérieur de leur sainte union.

Et pourtant c’est plus qu’un symbole. Le sang est la communication de leur confiance et de leur amour. Il proclame leur engagement d’une façon que les mots ne pourront jamais exprimer. En conséquence c’est le sang et non le livre de la Loi qui est le témoignage de l’alliance à laquelle Dieu participe (Hébreux 9:20). C’est là où l’âme est mise à nu, l’essence de l’être à découvert et que chacune peut voir.

Il en est de même avec Jésus. Son sang est l’alliance de mariage. De la même façon que les anciens Juifs ont confirmé la vieille alliance au Sinaï, c’est à vous d’entrer à la croix, dans une nouvelle alliance, avec Jésus-Christ (12:24). Le sang porte témoignage de l’intégrité de notre amour. Avec tout ce que nous sommes et tout ce que nous espérons être nous promettons d’aimer, d’honorer et d’obéir. Et dans cette alliance, même la mort physique ne peut séparer la vie spirituelle commune qui, elle, dure.


Ah! si Ton sang, si Ta mort, si Ta vie,

Ne me disaient Ta clémence infinie,

Où trouverais-je, au sein de ma misère,

Force et lumière?

Sur Toi je me repose, O Jésus, mon Sauveur!

Faut-il donc autre chose Pour un pauvre pécheur?

Conduit par Ta lumière, Gardé par Ton amour,

Vers la maison du Père, Marchant de jour en jour.


Ah! ma misère est grande, Mais Tu m’as pardonné;

Sainte et vivante offrande Pour moi Tu T’es donné;

Et de toute souillure, Par le sang de Ta croix,

Mon âme devient pure; Tu l’as dit, je le crois!


Lisez Exode 24:1-11. Imaginez la scène au Sinaï, près de deux millions de personnes s’engageant dans l’alliance du sang. Imaginez ce qu’ils ont ressenti alors que le sang était aspergé.

Récrivez Hébreux 9:20 avec vos propres mots. Pourquoi le sang de l’alliance est-il ordonné pour le peuple?

De quelle façon le sang de Christ est-il le sceau de notre amour?



UNE OBLIGATION MORALE


Les obligations morales impliquées par le sang sont continuellement soulignées dans l’Ancien Testament. Bien que généralement le peuple faillit dans son observance de la loi et tomba sous le jugement à cause de sa désobéissance, il ne lui était jamais permis d’oublier les privilèges et les obligations de l’alliance.

Nous en trouvons un bel exemple dans le message de Moïse aux enfants d’Israël après avoir erré dans le désert pendant quarante ans. La génération à laquelle la foi avait manqué était morte dans le désert et ses enfants étaient maintenant prêts à entrer dans la Terre Promise. Après leur avoir rappelé la loi donnée à leurs pères, il déclare: “Aujourd’hui l’Eternel, ton Dieu, te commande de mettre en pratique ces prescriptions et ces ordonnances; tu les observeras et tu les mettras en pratique de tout ton coeur et de toute ton âme” (Deutéronome 26:16).

On trouve ensuite une longue description de toutes les bénédictions que Dieu va répandre sur Son peuple s’il garde Son alliance. S’il est infidèle, il peut s’attendre à Sa malédiction (Deutéronome 27-28; cf. Exode 19:5-6). Tout repose sur un grand si. Avec Dieu il n’y a ni variation ni ombre de doute. L’inconnu c’est l’homme. Moïse prend à témoin le ciel et la terre pour qu’ils se souviennent que Dieu a mis devant eux “la vie et la mort . . . la bénédiction et la malédiction.” En conséquence, Il dit: “Choisis la vie afin que tu vives, toi et ta postérité.” L’admonestation de l’alliance est d’aimer “le Seigneur ton Dieu, pour obéir à Sa voix et pour t’attacher à Lui” (Deutéronome 30:19-20).

Comme on peut s’y attendre, lors du passage du Jourdain on dit aux Israëlites de construire un autel, d’offrir des holocaustes et des sacrifices de communion à l’Eternel (27:5-8), ce que Josué a scrupuleusement observé. Au milieu des sacrifices sanglants, alors que la fumée monte vers Dieu, lui et tous ses concitoyens entendent les paroles de la loi (Josué 8:30-34). “Il ne resta pas une seule parole de tout ce que Moïse avait prescrit que Josué ne proclama en présence de toute l’assemblée d’Israël” (Josué 8:35).

Lors d’un réveil spirituel c’est toujours les commandements moraux qui viennent les premiers. Nous en trouvons un bon exemple lors du réveil sous la direction d’Esdras et de Néhémie (Néhémie 8-10). A la suite de la joyeuse célébration de la fête des tabernacles, qui était accompagnée de nombreux sacrifices sanglants, le peuple entendait réciter toutes les bénédictions de son histoire. “Ils promettent avec serment et jurent de marcher dans la loi de Dieu donnée par l’intermédiaire de Moïse, serviteur de Dieu” (Néhémie 10:29).

Evidemment, Dieu savait très bien que Son peuple ne pourrait pas respecter parfaitement les obligations morales de la loi. La nature humaine, corrompue par le péché, ne peut tout simplement pas atteindre la nature incorruptible de la Parole de Dieu. Bien qu’on s’attendit à ce que l’homme l’utilise comme règle dans sa vie et à ce qu’il subisse un châtiment pour sa désobéissance, le seul espoir de salut résidait dans la grâce divine. En ce sens la loi était comme un instituteur qui amenait les enfants de l’alliance à voir le besoin d’une délivrance au niveau souverain de la grâce.

Tout cela amène à Christ. C’est seulement en Lui que les obligations morales de la loi peuvent être respectées. En conséquence, le sang de l’alliance, alors qu’il demandait une parfaite obéissance, appelait finalement les hommes à croire en Christ alors qu’il les assurait de la promesse de Sa grâce.


Rien ne peut de nos coeurs effacer la souillure!

Rien que le sang du Christ sur la croix répandu;

Source toujours ouverte où l’âme devient pure,

Pardon toujours offert à tout pécheur perdu.


Le larron pénitent, plein d’une humble espérance,

Tourne vers le Sauveur le regard de la foi,

Je n’irai point chercher une autre délivrance:

Le sang versé pour lui le fut aussi pour moi.

— Th. Monod



Pour réaliser votre obligation personnelle dans l’alliance lisez Deutéronome 30:11-20.

Pourquoi y avait-il dans la loi une bénédiction et une malédiction? Josué 8:30-35.

Lisez Galates 3:15-26. Pourquoi sommes-nous tous condamnés par la loi? De quelle façon l’alliance de la promesse précède-t-elle la remise de la loi? Pourquoi le salut est-il, en fin de compte, reçu par la foi en Christ et non par des oeuvres intègres?



L’ALLIANCE ETERNELLE


L’alliance de la grâce est évidente lorsqu’on regarde l’initiative divine de Sa promesse de la rédemption. C’est un cadeau annoncé tout simplement dans Sa parole, non pas parce que l’homme le mérite, mais parce que Dieu est plein de compassion. Depuis les origines, le sang de l’alliance est le témoignage de l’amour de Dieu, un amour que l’homme n’a pas mérité.

On apprend cet engagement dans le jardin d’Eden, tout d’abord, à la suite de la désobéissance de l’homme. A peine la créature a-t-elle cru au mensonge de Satan que Dieu déclare déjà qu’un jour le pouvoir usurpé par le mauvais roi serait anéanti par la descendance de la femme (Genèse 3:15). Adam n’avait rien fait pour mériter l’assurance divine. Dieu a seulement fait une promesse. Ensuite, en montrant Sa compassion, Il a sacrifié un animal innocent pour faire des vêtements afin de couvrir la honte de nos ancêtres (3:21). Ces vêtements sanglants enveloppaient l’homme de la certitude des soins de Dieu.

On retrouve une bénédiction quand Noé offre un holocauste après être sorti de l’arche. Jéhovah a senti la bonne odeur et Il a déclaré qu’Il ne détruirait plus la terre par l’eau. L’homme se multiplierait et serait fécond. Ce que l’arc-en-ciel confirmait dans le ciel, le sang en portait témoignage sur l’autel (8:20-9:17).

Par un sentiment sanglant Dieu a juré de se susciter un peuple à part grâce à la descendance d’Abraham (15:18; 17:2), et Il a répété Sa promesse à ses fils et aux fils de ses fils. Dieu a dit à Moïse qu’il ferait de lui une nation sainte (Exode 19:5-8; cf. Nombres 25:12-13). “L’alliance éternelle a été renouvelée pour David et il a reçu l’assurance qu’il y aurait un autre royaume à venir” (2 Samuel 23:5).

Dans toutes ces alliances nous voyons se développer les intentions bienveillantes de Dieu envers Son peuple. On y voit l’anticipation de quelque chose de meilleur - bien que ce ne soit pas totalement dévoilé - mais il y a toujours la promesse d’un héritage. Les prophètes parlent quelquefois d’une nouvelle alliance, “lorsque Dieu écrira Sa loi sur leurs coeurs” (Jérémie 31:33). La connaissance spirituelle ne viendrait pas de la récitation de la loi. Elle viendrait plutôt d’une expérience du coeur “depuis le plus petit d’entre eux jusqu’au plus grand” (31:34; cf. 2 Corinthiens 3:6-14; Hébreux 8:10). Le vieux coeur de pierre têtu allait être enlevé et Dieu allait le remplacer par un nouvel esprit (Ezéchiel 36:26-38; cf. 20:34-44).

On peut voir dans le Messie l’accomplissement de la promesse, “le germe de justice” qui serait de la lignée de David (Jérémie 33:14-16; 20-22; cf. Ezéchiel 37:21-28). Christ est perçu comme étant le “messager de l’alliance” (Malachie 3:1). L’alliance est donnée au peuple dans Sa personne (Esaïe 42:6), et le salut va jusqu’aux extrémités de la terre (49:6).

Au sein de cette promesse il y a aussi l’espoir d’un règne béni quand toutes peines auront disparu et quand les enfants de Dieu entreront dans le pays de la joie éternelle: “Quand les montagnes s’ébranleraient, / Quand les collines chancelleraient, / Ma bienveillance pour toi ne sera pas ébranlée / Et mon alliance de paix ne chancellera pas, / Dit l’Eternel qui a compassion de toi” (54:10). Chaque désir de l’esprit allait être satisfait dans ce royaume de l’amour éternel de Dieu (Ezéchiel 34:25-31; 37:26-28; Esaïe 56:1-8; 61:4-11).

Avec cette attente, les enfants de l’alliance étaient appelés “les prisonniers de l’espoir” (Zacharie 9:12). Bien qu’ils soient souvent sous l’oppression parce qu’ils n’étaient pas toujours fidèles à leur serment (Ezéchiel 16:59), Dieu continuait à les aimer et Il se souvenait que dans Sa miséricorde Il voulait leur rédemption (16:60; Luc 1:7). Le sang de cette alliance était l’assurance qu’un jour ils seraient libérés (Zacharie 9:11). Dieu tient Sa Parole.

C’est pourquoi Israël pouvait se réjouir. Même s’il faisait face à l’adversité, Son roi allait venir. “Il est juste et victorieux, Il est humble et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse . . . Il parlera de paix aux nations, et Sa domination s’étendra d’une mer à l’autre” (9:9-10).


Oh! Jésus, Ton sang précieux

A lavé mon iniquité,

Oui, Tu m’as répondu des cieux,

Ton amour m’a tout pardonné.

Je Te contemple et je puis croire

Qu’en Toi j’ai complète victoire . . .

Au pied de Ta croix, maintenant,

Je me relève, triomphant.

— Mlle A. Humbert



Lisez la joyeuse promesse messianique dans Zacharie 9:9-11. Notez la relation existant entre la venue de Christ et l’alliance du sang.

Méditez sur Jérémie 31:31-34 et sur Hébreux 8:8-10; 10:16. Quelle est la différence entre la Nouvelle et l’Ancienne Alliance.

De quelle façon l’alliance éternelle est-elle scellée par le sang? Hébreux 13:20. Comment devenons-nous enfants de l’alliance? Actes 3:25-26; Luc 1:71-75.



LE NOUVEAU TESTAMENT


Tout ce qui avait, au cours des siècles, été un espoir, représenté par les rites et les symboles, la prophétie inspirée et la quête de la vie, est arrivée à un glorieux accomplissement au Calvaire. Jésus avait dit que le Nouveau Testament serait donné par Son sang (Matthieu 26:28; Marc 14:23; Luc 22:20), et maintenant Il avait accompli Sa promesse. Chaque parole qu’Il avait dite Il l’avait accomplie.

Dans le Nouveau Testament le mot utilisé pour désigner l’alliance veut aussi dire le testament, les dernières volontés qui ne peuvent avoir effet à moins que la mort du testataire ne soit arrivée. C’est le sens légal du terme, tel qu’il était utilisé dans le monde romain à l’époque, et qui se reflète encore dans nos lois aujourd’hui. Cette idée est développée tout spécialement dans l’Epître aux Hébreux où Christ est appelé “le Médiateur d’un Nouveau Testament”, c’est-à-dire “d’une nouvelle alliance”, de telle sorte que par Sa mort nous puissions recevoir “la promesse de l’héritage éternel. Car là où il y a testament il est nécessaire que la mort du testateur soit constatée” (Hébreux 9:15-16; cf. 8:6; 12:24).

Il vaut la peine de remarquer que lorsque les soldats, à la croix, ont percé le côté de Jésus pour s’assurer qu’Il était bien mort, c’est du sang et de l’eau qui ont jailli de Son côté (Jean 19:31-37).19 Ces éléments, et le Saint-Esprit, parlent de la vie et de l’oeuvre parfaites accomplies par Jésus-Christ. Il est très vraisemblable que c’est à cela que se référait Jean lorsqu’il a écrit que c’est l’Esprit, l’eau et le sang qui portent témoignage sur cette terre (1 Jean 5:8).20

On nous rappelle à nouveau la relation entre l’Esprit et le sang. Ils vérifient tous deux l’expérience d’une nouvelle alliance dans notre vie. “Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui-même; celui qui ne croit pas Dieu le fait menteur puisqu’il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à Son Fils. Et voici ce témoignage: Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est en Son Fils” (1 Jean 5:10-11).

Le sang porte aussi témoignage dans les cieux. Car Christ “par Son propre sang” est entré dans un sanctuaire qui n’était pas fait de main d’homme “pour paraître devant la face de Dieu" (Hébreux 9:12,24). Dans ce tabernacle “plus grand et plus parfait” (9:11), Son corps ensanglanté a porté témoignage qu’Il avait accompli Sa mission, et par Sa présence “les réalités célestes ont elles-mêmes été purifiées” (9:23).21

Voici que le sang prend son sens spirituel le plus élevé. Nous avons le souffle coupé par l’étonnement. Bien que les détails n’en soient pas expliqués, nous savons que la mort de notre Seigneur a des dimensions qui atteignent jusqu’aux cieux. Là, nous verrons le sang du Christ, ce qui, en un certain sens, est au delà de ce que nous pouvons comprendre à l’heure actuelle. Car de même que le corps ressuscité de notre Seigneur, Son sang demeure incorruptible (cf. 1 Pierre 1:18-19; Actes 2:27), et sa véritable valeur spirituelle apparaîtra aux cieux comme étant l’alliance éternelle de Dieu.

Le sang est là, maintenant devant le trône. Il s’y trouve à jamais - le rappel de Son don ineffable et la révélation de Sa Parole immuable.


O Jésus, Ta croix domine

Les temps, les peuples, les lieux;

Partout sa splendeur divine

Met en fuite les faux dieux.


Dans les pages du Saint Livre

Les prophètes ont chanté

Ta mort qui m’a fait revivre,

Ton sang qui m’a racheté!


O Jésus, Ta croix domine

Les temps, les peuples, les lieux,

Et dans ta gloire divine

Bientôt Tu viendras des cieux!

— R. Saillens


De quelle façon Jésus est-Il le Médiateur de la nouvelle alliance? Hébreux 12:24.

Pourquoi l’Esprit porte-t-Il témoignage avec le sang et l’eau? De quelle manière cela soutient-il votre propre témoignage? Hébreux 5:10-13.

Essayez d’imaginer le témoignage du sang dans les cieux. Qu’est-ce que le concept du sang ajoute à votre conception du ciel? Hébreux 9:22-24.



19. Le rapport de l’eau et du sang coulant du côté percé de Jésus pourrait indiquer que Sa mort a vraiment été causée par un coeur brisé, un coeur qui s’était rompu. C’est du moins là l’opinion de certaines autorités médicales. Apparemment lors des souffrances à la croix, le coeur de Christ se serait gonflé jusqu’à ce qu’il éclate. Le sang se serait alors répandu dans le péricarde où il serait séparé en caillots rouges et en sérum. Le sac péricardique distendu et percé par la lance du soldat aurait laissé jaillir l’eau et le sang.


20. Il est difficile d’interpréter ce passage avec un grand degré de certitude. La référence à l’Esprit et au sang est claire, mais l’implication de l’eau a amené de nombreuses spéculations de la part des érudits du Nouveau Testament. En plus de l’opinion présentée, l’eau pourrait faire allusion au baptême du prophète Jean et au sacrement du baptême d’eau. Dans cette image nous trouvons aussi l’allusion au rôle purificateur de l’eau qui parle aussi de Christ.


21. Cette référence étant si brève et de nature si symbolique elle amène à de nombreuses spéculations et de multiples opinions. Nous n’avons aucune explication pour laquelle les cieux et ce qu’ils contiennent devraient être purifiés. Certains ont avancé que c’est parce que le péché a trouvé son origine dans les cieux avec Satan, ce qui a eu pour contrepartie la chute de l’homme sur la terre. Les cieux seraient alors la scène d’une conspiration Satanique et en conséquence devraient être purifiés par le sang de la croix. Mais cela n’est qu’une supposition. Pour avoir une claire explication de ce texte, comme pour beaucoup d’autres, il nous faudra attendre le jour où nous ne verrons plus comme au travers d’un miroir.